Notre liste interpelle le Ministre au CTM du MEAE

mardi 27 novembre 2018
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Vous trouverez le texte intégral de notre intervention ci-dessous

Monsieur le Ministre,

Permettez-moi au nom de la liste d’Union FO MAE/SUPMAE-FSU de vous exprimer notre position concernant les attaques régulières menées contre le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères frappant de plein fouet les services en centrale comme à l’étranger.

Les moyens dévolus à notre Ministère sont en diminution constante depuis plusieurs années. La réduction des effectifs avec la réforme de l’Etat à l’étranger et la mise en place de l’Action Publique 2022 affaiblira le rayonnement de la France à l’étranger

Perte de moyens humains et matériels, dépendance très forte à la pression hiérarchique de proximité, affaiblissement des cultures professionnelles, des cohérences "métier" au sein de notre ministère et du maintien de l’indépendance de certaines missions régaliennes dévolues au MEAE.

Nous rejetons en tout point ce projet de démantèlement délibéré du Service Public et qui pèse lourd sur l’exercice des missions publiques au sein du MEAE.

Les réseaux de l’Etat à l’étranger sont accompagnés de mutualisation des fonctions dites supports a pour simple objectif de réduire la masse salariale de 10 %.
L’exercice de la programmation RH, déjà difficile à conduire dans les délais impartis, s’accompagne cette année du nouveau schéma d’emplois 2020-2022 avec l’application des mesures mécaniques visant encore une fois à réduire la masse salariale sans que ne soit pris en compte la capacité des Postes à remplir leurs missions !

La structuration des emplois de soutien sera suivie de celle des agents administratifs, puis des rédacteurs, puis des diplomates eux-mêmes. Pool de chauffeurs, de traducteurs, de secrétaires, d’assistants… Quel bel avenir pour ces personnels qui verront croître leur charge de travail.

La simplification des démarches administratives visées pour l’état-civil des Français nés à l’étranger ou les visas n’est qu’un paravent masquant la volonté de réduire des emplois. Le transfert des transcriptions d’état-civil à Nantes affaiblira notre présence consulaire s’inscrivant dans une nouvelle phase avec la transcription des actes d’état-civil. Lorsque toutes les fonctions seront dématérialisées, qu’en sera-t-il de nos consulats.

Le regroupement des services visas opéré cette année aux Etats-Unis et au Canada est la résultante de nouvelles externalisations, réduisant le périmètre de notre présence consulaire entrainant de facto des difficultés importantes notamment à Washington et à Montréal où l’exécution des tâches confiées à la société VFS comme c’est le cas en Russie au vu de l’étendue des territoires. Nos craintes sont fortes, Monsieur, également quant au projet annoncé pour le regroupement des services visas à Casablanca et à Rabat qui conduira à des suppressions d’emplois et à une surcharge de travail pour les agents. Il faut arrêter ces projets !

Au MEAE, les effectifs sont composés d’agents titulaires, de contractuels en centrale et à l’étranger, d’agents de droit local et de VI également. Réduire la masse salariale de 10% est un objectif lié à une volonté politique, une absence de volonté devrait-on dire, au moment où les réformes se succèdent, toutes plus négatives que les autres pour la diplomatie comme pour les conditions de travail des personnels de cette diplomatie.

Les agents sont épuisés de toutes ces réformes : transformation de postes à l’étranger, PPD, ouverture et expérimentation de maison France à l’étranger. Le statut des EAF quant à lui n’est toujours pas encore réglé pour le réseau culturel, le recrutement de CRSP dans le réseau culturel s’accentue alors même que la situation juridique de leurs contrats n’est toujours pas clarifiée du point de vue juridique.

Concernant l’opérateur AEFE, il est urgent de réaffirmer la place de l’établissement public au cœur de la mission de diplomatie d’influence. Cela doit se faire, Monsieur le Ministre, avec des moyens renforcés, à la hauteur du dynamisme de ce réseau, notamment en matière de postes budgétaires. L’opérateur IF PARIS connaît également aujourd’hui de graves problèmes.
Concernant les personnels, ils doivent être pris en compte et cesser d’être précarisés ou menacés par des projets néfastes.

Sur les recrutés locaux, FO MAE/SUPMAE-FSU demandent à ce que soit prises en compte les demandes relatives à cette catégorie d’agents qui servent avec dévouement la France. Ils doivent pouvoir progresser et avoir un vrai déroulé de carrière. Le prélèvement à la source de l’Impôt prévu en janvier 2019 pour les fonctionnaires a laissé de côté les ADL des réseaux diplomatiques, consulaires et culturels exerçant dans les différents postes à l’étranger. Cette mesure d’exclusion n’a pas été comprise par les recrutés locaux français exerçant au sein de ces services. Certains d’entre eux ne connaissent même pas aujourd’hui comment ils doivent procéder. En qualité d’employeur le Ministère doit pouvoir donner des informations claires à ce sujet et les transmettre rapidement aux différents Postes pour informer les agents.

Sur la situation particulière des agents recrutés locaux des trois réseaux diplomatiques consulaires, culturel et AEFE il faut pouvoir permettre aux agents locaux de renouveler leurs titres de séjour auprès des autorités sans que cela ne les affecte. Nombre de postes souffrent de ces difficultés.
La situation des recrutés locaux doit être prise en compte sur l’ensemble des aspects liés à leurs conditions d’exercice et de rémunération, leur protection sociale doit être également renforcée.

Nous réitérons une nouvelle fois notre demande pour que le département transmette aux différents postes ces instructions pour que soit pris en compte la possibilité aux ADL de continuer à exercer au-delà de 60 ans pour les agents cotisant aux caisses françaises et ce jusqu’à l’ouverture de plein droit à la retraite, c’est-à-dire jusqu’à 62 ans leur permettant ainsi de liquider leur dossier de pension.

Pour FO MAE/SUPMAE-FSU, le rayonnement de la France à l’étranger passe aussi par des agents considérés et respectés par leur hiérarchie. Le renforcement de la présence de la France à l’international comme son rayonnement passe comme vous le savez Monsieur le Ministre par des moyens financiers : francophonie, interventions et opérations à l’international, attractivité estudiantine, Campus France, Agence pour l’enseignement du français à l’étranger et réseau culturel sont autant de chantiers ouverts qu’il faut renforcer par des moyens supplémentaires.

La réforme de l’Etat à l’étranger doit être définie au préalable en fixant des objectifs liés à l’ambition des usagers et des compatriotes à l’étranger. L’externalisation des services visas par exemple a fait que notre image à l’étranger est mal perçue par les usagers avec des délais d’attente avoisinant 2 à 3 mois, comme c’est le cas en Algérie.
FO MAE/SUPMAE-FSU dénonce monsieur Ministre une nouvelle fois des « réformes » de courte vue, sans étude d’impact et avec pour seule ligne la réduction de poste et de présence diplomatique.

Vos agents toutes catégories subissent ces « réformes » et les usagers en font les frais !


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